Lorsque les chercheurs, astronomes ou biologistes, sont à court d’images, pour dire les moments fugaces des premières secondes de l’Univers ou pour donner une couleur à l’infiniment petit, ils font appel à des créateurs, « Vue d’artiste » lit-on en légende… 

Montserrat  interprète ses propres recherches, mais elle nous donne à voir des profondeurs plus intimes, une sorte de science fondamentale de l’Être, passé à l’épreuve du Feu !

Tels ces artistes qui griffonnent un petit dessin pour déclencher des abstractions plus passionnelles, elle a tout d’abord figuré des Pierrots Lunaires comme éblouis ou songeurs face aux lumières volcaniques d’une céramique enflammée...    Le temps, peut-être, d’expérimenter avec son compagnon et mentor, Michel Moglia, les beautés de ces chants incandescents, la force de ces flammes telluriques qui mettent en musique le Pouls de nos tréfonds !
Ce qui aurait pu n’être qu’un témoignage, comme un orteil trempé dans un Styx intime, est passé à plus essentiel, le Jeu avec le Feu a pris corps, s’émancipant parfois du cadre de la toile, fût-elle grillagée et émaillée, pour virer sculpture, entre le masque et le bouclier, ou totem d’un rituel de plus en plus épuré et maîtrisé… Il faut une grande dose de sang froid, peut-être aussi de la féminité et de l’humour pour savoir, entre Icare et Orphée, ne pas se brûler les ailes!      
Frédéric Loth